La souffrance et son esthétisme est un thème qui revient très souvent dans mon esprit. Je suis, et j'ai toujours, été attirée par la beauté qui se dégage des âmes tourmentées. Je suis d'ailleurs persuadée que les plus belles œuvres d'art - j'entend les plus profondes, celles qui nous touchent le plus - proviennent toujours d'artistes malheureux,
hypersensibles et désespérés.
Ainsi, j'aime principalement les œuvres
pathétiques, tragiques et dramatiques. Les histoires sombres de Zola, les films de miséreux qui nous font pleurer, les peintures qui nous serrent le cœur et qui retranscrivent la douleur émotionnelle du peintre; Frida Khalo, Van Gogh ! Bref, tout artiste respectueusement dépressif et pathétique, est mon idole.
J'aime quand c'est
intense et pénétrant. C'est pourquoi j'aime Larry Clark et ses photos.
Je ne compte pas faire de portrait de Larry Clark : si vous voulez en savoir plus sur lui, débrouillez vous, il est mondialement connu donc il y a de quoi lire. Ici, je veux parler de son oeuvre, de ses photographies, et principalement de son ouvrage
tulsa.
Tulsa est un recueil de photographies que Larry a pris en 1963 (puis en 1971). Il avait alors 20 ans, et vivait avec sa bande de potes junkies le
"contre-rêve" américain. Il commence d'ailleurs son recueil (qui doit comporter tout au plus 50 mots) par cette petite autobiographie :
Pour les non-bilingues, je résume : Larry est né dans la ville de Tulsa en 1943, où il est devenu accro à la drogue à 16 ans pendant trois ans avant de quitter la ville, pour au final y retourner quelques années plus tard. Il quitte un enfer, pour y retourner ? Et bien selon lui, "une fois que le besoin est là, il ne part jamais". (Nice shitty translation I know)
N'étant pas droguée, je ne peux discuter cette affirmation. Elle me plaît juste, car elle colle bien avec mon petit monde triste, terne et glauque.
Bref. Cette introduction annonce les couleurs de son univers. En effet, ce recueil possède une collection de clichés en noir et blanc,
obscures mais magnifiques, où nous voyons en quelque sorte le quotidien morbide de ces jeunes adultes, addictes au sexe, à la drogue, à la violence. Ce sont des photos rares, où sont traités des thèmes tabous. Et Larry a très bien réussi son travail : ils nous frappent de plein fouet !
On y trouve quelques personnages récurrents ( présentés ici : http://lesensdesimages.com/2015/01/31/les-histoires-de-vies-derriere-tulsa-de-larry-clark-1971/ )
et quelques annotations, telles que
"death" en dessous d'une photo d'un défunt.
Voici, pour conclure, un aperçu de la décadence et de
l'auto-destruction d'une jeunesse abandonnée, que nous trouvons dans
Tulsa...